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Du à Atrium de Chaville
3, parvis Robert Schuman
92370 Chaville

Forum des savoirs, Culture

Forum des Savoirs : soirée inaugurale avec François Molins

Le procureur général honoraire près de la Cour de cassation François Molins animera la soirée d’ouverture du Forum des savoirs sur le thème "Le rôle et la place de la Justice dans le respect de l'État de droit". Entrée libre.

François Molins

  • Procureur général honoraire près de la Cour de cassation

À l’heure où les démocraties semblent fragilisées et où les institutions sont parfois contestées, la Justice demeure l’un des piliers essentiels de l’État de droit. Elle n’est pas seulement chargée de dire le droit : elle protège les citoyens contre l’arbitraire et rappelle aux pouvoirs publics leurs propres limites. Gardienne des libertés individuelles, protectrice des droits fondamentaux et garante de l’application impartiale de la loi, elle participe chaque jour à la préservation du pacte républicain. Dans cette perspective, la justice agit comme une vigile démocratique, et son indépendance constitue dès lors une exigence cruciale.

Cette conférence sera l’occasion de réfléchir à la manière dont le juge et le procureur, chacun dans leurs fonctions respectives, contribuent à faire vivre l’État de droit. Comment concilier autorité judiciaire, indépendance, respect des principes déontologiques et des exigences démocratiques ? Comment maintenir la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire ?

Fort de son expérience au plus haut niveau de la magistrature, François Molins, incarnation de la lutte contre le terrorisme, nous invitera, à travers son parcours et sa réflexion, à mieux comprendre le rôle quotidien de celles et ceux qui rendent la justice et veillent au respect des principes fondamentaux de notre État de droit.

Entrée libre.

"Je continue de croire en l'homme et la justice" : Son interview dans le Chaville Magazine n°193 

Dans votre livre Au nom du peuple français, vous évoquez votre longue carrière au cœur de l’institution judiciaire : quels temps forts retenez-vous de ce parcours jalonné d’événements d’envergure nationale ?

J’ai vécu de nombreux temps forts tout au long de ma carrière mais ce que je retiens de plus marquant reste la vague d’attentats terroristes survenus à Paris en 2015. Nous étions tous dans un état de sidération car nous n’avions pas l’habitude de traiter des événements d’une telle ampleur. Nous devions faire face et gérer, en premier lieu, notre propre état émotionnel. Nous n’avions pas le droit à l’erreur. L’État devait être à la hauteur et se maintenir debout. Sur un plan personnel, j’ai ressenti une rupture à cette époque : rien ne serait désormais plus comme avant. Mais la réalité reprend ses droits et je continue de croire en l’Homme et la Justice, la seule institution capable d’apporter une réponse à ces actes de terrorisme dans le cadre de l’État de droit.

À Chaville, vous allez animer une conférence ciblée sur le rôle et la place de la Justice dans le respect de l’État de droit : pouvez-vous nous éclairer sur cette notion fondatrice de notre démocratie ?

L’État de droit, dans notre démocratie, est un instrument de limitation des pouvoirs de l’État, et notamment un garant de l’indépendance des juges. Car la démocratie ne va pas de soi : elle reste une organisation fragile qui peut être menacée, comme le démontrent les exemples récents de la Hongrie ou de la Pologne.

C’est aux juges de faire respecter l’État de droit mais cela relève aussi de la responsabilité de chaque citoyen, de le faire vivre dans son quotidien. Animé par cette conviction, j’interviens dans toute la France, dans un cadre associatif, auprès de lycéens pour faire de la pédagogie.

Je préconise la généralisation d’heures obligatoires d’enseignement de premières notions de droit dès la classe de seconde. Aujourd’hui, il s’agit d’une simple option, accessible grâce au choix d’une spécialité au lycée. Ce n’est pas suffisant…

Vous parlez aussi de la confiance des citoyens envers la Justice, un sujet toujours d’actualité : comment comptez-vous aborder cette question cruciale avec le public chavillois ?

Dans un souci de clarification, je m’appuie toujours sur des faits. Je vais partir de l’explication, simple et théorique, sur le statut et le rôle des juges dans une démocratie, sans aborder aucune affaire particulière. Je serai ensuite à l’écoute des questions posées par le public, notamment au sujet de l’indépendance de la Justice.

Je suis souvent frappé par l’ignorance des citoyens sur les questions judiciaires : il y a encore beaucoup de pédagogie à faire dans ce domaine afin d’expliquer le vrai fonctionnement de la Justice et ainsi, lutter contre la désinformation. Cette démarche est, aujourd’hui, rendue nécessaire au vu de l’actualité qui ne cesse de remettre la Justice au cœur des débats.